Una societe nouvelle est possible - Français

HORS DU GIRON HIERARCHIQUE, UNE SOCIETE NOUVELLE EST POSSIBLE

Spezzano Albanese 21, 22, 23 et 24 août 2003

Rencontre internationale

« au delà de Porto Alegre… idées, expériences et pratiques d’autogouvernement »

 

 

Le formidable « village global »

 

Le système social hiérarchique poursuit inexorablement sa lutte contre le genre humain et contre toute autre forme de vie, pour continuer à s’imposer par la barbarie (qui, selon là où elle est appliquée, s’appelle flexibilité, sécurité, usage mesuré des ressources naturelles, mission de paix, intervention humanitaire, guerre au terrorisme, guerre infinie, préventive, etc…)

n  Du nord au sud de la planète, des milliers de personnes quémandent du travail et, indirectement, l’exploitation qui en découle.

n  Les services sociaux, désormais « industrialisés » au main des privés ou de l’Etat, s’améliorent pour les riches (peu nombreux) et se détériorent pour les pauvres (de plus en plus nombreux).

n  Les maffias économiques et politiques prolifèrent, les appareils répressifs et judiciaires se renforcent contre ceux qui se rebellent et luttent contre les injustices sociales, tandis que la sécurité du système de domination en place nous est vendue comme « sécurité civique ».

n  On enlaidit et on saccage le territoire, on impose les cultures, on détruit l’écosystème, on laisse dans la misère la plus complète d’entières populations du sud du monde, à qui on vole leurs ressources naturelles et leurs matières premières.

nPartout des guerres pour la domination absolue du globle, tantôt définies comme épuration ethnique, guerre humanitaire, préventive, permanente créant de vrais génocides et semant la mort, non seulement pour les êtres humains mais également pour les animaux et l’environnement.

n  Toujours plus nombreux, les peuples, contraints par la barbarie de la guerre, par la faim et la misère à émigrer, quittant leurs terres pour finir caser dans des « lager » (centres d’accueil) de la si prisée civilisation occidentale, en attente d’être donnés en pâture aux nouveaux esclavagistes libéraux, à la délinquance et à la maffia.

C’est cela le formidable « village global » qui, chantier actif  de la démocratie et du système capitaliste mondial, se construit infatigablement jour après jour, se servant de la force de travail de ceux qui sont les esclaves modernes de ce même village global.

 

Le sommeil de la raison crée des monstres

La bourgeoisie, qui sur ce modèle a imprégné sa propre révolution, se proposant le rôle d’amateur  et de détenteur de la raison, est le reflet fidèle du paradoxe de ce modèle.

Elle a prétendu réaliser « liberté, égalité, fraternité » en appuyant son credo social sur la démocratie représentative, dans le champ politique, et sur le capital, dans le champ économique. A la hiérarchie, elle a substitué la hiérarchie, à l’exploitation l’exploitation, au montre des monstres, laissant ainsi glisser la raison dans un sommeil profond.

On subi le même sort les écoles politiques qui ont prétendu rejoindre une société égalitaire à travers la hiérarchie (autodéfinie révolutionnaire ou social démocrate), à la différence près que tandis que certaines ont déjà inexorablement implosé, d’autres continuent paradoxalement à marcher bras dessous bras dessus avec le système de pouvoir contre lequel elles s’étaient érigé. C’est donc toujours le triomphe de la domination. La domination des patrons, des institutions hiérarchiques, la domination du peu sur le nombre, qui dans la réalité productive passent par la hiérarchie d’entreprise, et dans la réalité politique et sociale, par la hiérarchie administrative, communale, provinciale, régionale, nationale, continentale, intercontinentale, dans la réalité associative par des structures qui reproduisent à l’identique la structure pyramidale du système.

 

Mais cela n’est pas la seule société possible

Parce que ce n’est pas une société donnée, que c’est une société construite sur un modèle plutôt qu’un autre, et que à l’avoir construite et maintenue en vie sont ses composantes. Donc, comme elle a été construite, elle peut être détruite et reconstruite sur un nouveau modèle. Ceux qui ne partagent pas l’actuel modèle social (et qui ne s’y reconnaissent pas) peuvent, s’ils le veulent, reformuler et pratiquer, libres et égaux, le vivre-en-société en dehors de l’enclos hiérarchique. Utopistes, sont définis ceux qui veulent rejoindre la liberté par la liberté, ceux qui affirment qu’il ne peut y avoir de transition vers une société égalitaire si la hiérarchie survit, ou mieux ceux qui espèrent se servir de l’emblème de cette dernière, l’Etat, pour réaliser une société nouvelle. En attendant, l’incohérence génère le paradoxe, et paradoxale résulte aujourd’hui le projet de ceux qui ont cru pouvoir construire la liberté avec la hiérarchie, se nichant dans les Etats déjà existant ou en donnant vie à de nouveaux. En effet, au lieu de déterminer la réalisation d’une société égalitaire, ils ont fini par participer à la conservation du système de la société bourgeoise qu’ils souhaitaient détruire : l’utopie cosmopolite de la bourgeoisie illuministe pourrie, aujourd’hui comme hier au son des guerres entre les factions nationalistes et impérialistes, au dépend d’entières populations, avec la force des bombes « intelligentes », « humanitaires », « préventives », et avec d’autres armes sophistiquées telles que la flexibilité, la sécurité, l’utilisation « sage » de leurs matières premières, etc., vers la globalisation d’un « potentat de citadins du monde » qui présente sa candidature pour devenir le démocratique dominant absolu d’un monde de néo-esclaves.

Ironie de l’histoire, donc, l’accusation d’utopisme retombe sur ceux qui l’avaient théorisée, tandis que les aspirations libertaires contre lesquelles ils avaient lancé leurs accusations, continuent à représenter l’alternative possible à la barbarie. Une alternative qui aujourd’hui trouve une nouvelle force, même si avec des variantes, dans les mouvements anti-globalisation et contre la guerre, une alternative qui vit en germes dans une myriade de structures autogérées, autogestionnaires et de base présente dans le monde du travail et dans le social, une alternative qui vivifie des courants de pensée et de débat dans divers secteurs culturels.

 

A l’action libertaire de servir de détonateur

De nouveaux horizons s’entrouvent pour l’action libertaire, horizons qui nécessitent des analyses approfondies, d’ardentes discussions et une radicale pratique sociale autogestionnaire, antiautoritaire et antihiérarchique. Horizons qui bousculent les autres pour dessiner ensemble un projet qui ne se contente pas d’un simple « revendicationisme » mais qui sache aller au-delà, qui sache s’orienter vers la réalisation, dès aujourd’hui, des bases sur lesquelles nous pourrons édifier la société de demain. Si la pratique revendicative représente sans doute une gymnastique révolutionnaire servant à faire comprendre aux exploités et aux opprimés qu’en luttant ils peuvent améliorer leurs conditions de vie, la pratique qui vise la réalisation d’une société alternative à la domination doit au contraire représenter avec certitude la possibilité de commencer à la réaliser dès aujourd’hui :

n  Démasquer dans l’économie les contradictions et les paradoxes du pouvoir.

n  Ne pas se séparer de ceux qui luttent pour les stimuler en les aidant à comprendre qu’il est possible de se transformer en auteurs de notre façon de vivre en société, en auteurs d’une pratique d’organisation politique et économique non hiérarchique.

n  Inciter ceux qui luttent à ne pas s’arrêter à quémander aux patrons, à ne pas laisser les causes qui rendent possible l’exploitation et le profit indemnes, à diriger la lutte vers l’expropriation et la socialisation des moyens et des instruments de production, à projeter l’action vers l’autogestion économique en relançant par exemple le coopérativisme des origines, mutualiste et solidaire, à construire un réseau autogestionnaire de producteurs et de consommateurs autonomes de l’Etat et du pouvoir économique, et en mettant ce réseau en relation avec les luttes de travailleurs salariés de toutes les classes les plus défavorisées.

n  Agir dans la sphère politique et sociale de la communauté dans laquelle chacun de nous vit et opère avec une pratique qui ne se limite pas à participer ou à faire fonction de contrôleur des décisions des administrations de l’Etat, démontrer avec la pratique communaliste de la démocratie directe comment les premiers  intéressés (travailleurs, chômeurs, retraités, étudiants, en tant que tels et comme citoyens) peuvent eux-mêmes résoudre les problèmes territoriaux (service, environnement…).

Voilà, c’est sur une pratique libertaire telle que celle-là que nous pensons qu’il est l’heure de nous interroger. Une pratique qui ne se nourrit pas d’illusions réformistes, ni d’une révolution par laquelle on attend le boum pour après en repousser le but, mais bien une pratique gradualiste révolutionnaire qui, trouvant sa force dans le conflit, se projette, jour après jour, hors des institutions du pouvoir, avec des structures autoorganisées et autogestionnaires qui, à partir des municipalités, préfigurent en bourgeons la « société autre » : la société de l’autogestion.

La FMB (Fédération municipale de base de Spezzano Albanese), structure communaliste libertaire opérant dans le social depuis environ dix ans, mue par l’exigence de commencer à discuter autour de tout cela, exigence qui semble partagée par les autres structures autogestionnaires et de base opérant dans le social, vous invite à une rencontre internationale sur le thème « au-delà de Porto Alegre… idées, expériences et pratiques d’autogouvernement » qui aura lieu à Spezzano Albanese les 21, 22, 23, 24 août 2003.

 

FMB

 

  • Hors du cadre hiérarchique

Les institutions économiques, politiques, religieuses dans l’actuel système de domination :

L’économie privée et d’Etat ; la pyramide politique et sociale : l’Etat, l’Eglise, la société civile ; marionnettes et marionnettistes : la commune institutionnelle pour ne pas dire l’Etat ; gouvernants et gouvernés ; rapport entre les institutions communales et le gouvernement central, régional, provincial, et les lobbys patronaux ; le centralisme qui décentralise, transfert de pouvoir pour conserver le pouvoir ; le pouvoir qui se divise en plusieurs pour rester tel quel.

  • Une autre société est possible

Au delà de Porto Alegre… idées, expériences et pratiques d’autogouvernement :

Oppositions aux procédés de globalisation du pouvoir ; l’associationnisme par le bas dans les municipalités ; limites et contradictions de la pratique municipaliste philo-institutionnelle ou de démocratie participative ; alternatives de rupture avec l’existant champ économique, politique et social du gouvernement sur les communautés autogouvernées ; des communes d’Etat aux communes de réseau.